Les gestes de l'artisan: une journée à l'atelier.
- Charlotte Vial

- 6 mai 2025
- 2 min de lecture
Mon atelier n’a pas besoin d’être immense. Comme je travaille sur des objets de petite taille, une grande pièce me suffit pour stocker bois, tissus, cuirs et coffrets anciens. C’est un lieu lumineux, paisible et joyeux — parfois impeccablement rangé, parfois en joyeux désordre, selon les étapes en cours.

Comment se déroule une journée?
Je mène souvent de front deux ou trois coffrets sur mesure, car certaines étapes demandent de longs temps de séchage. Tout commence par la restauration artisanale : combler un manque de bois, reposer un placage, raviver une finition au vernis ou à la cire… Il arrive souvent que je doive retrouver une clé ou adapter une quincaillerie ancienne.
Puis vient la phase de conception, entièrement guidée par les objets à accueillir : gainerie à la française ou à l’anglaise ? Faut-il un maintien ferme ou délicat ? Comment sublimer les pièces les plus précieuses ? L’objectif : un ensemble harmonieux, pratique et beau, pour créer une boîte unique à forte valeur patrimoniale.
Cela suppose aussi un choix rigoureux des matières : tissus, cuirs, bois, métal, couleurs, ambiance… Je réalise alors dessins, croquis, et mood boards pour affiner une direction claire, toujours en dialogue avec le client. Chaque coffret devient un projet de design artisanal à part entière.


La structure est ensuite construite, presque toujours en bois. J’utilise scie à onglet, circulaire, chantourneuse (d’ailleurs, un article arrive bientôt sur cet outil !), fraiseuse, toupie… Un savoir-faire issu des métiers d'art et nourri par la précision.
Quand tout est prêt, place à la finition. C’est le moment de la gainerie proprement dite : je recouvre les éléments avec des matières souples — papier, tissu ou cuir. C’est un travail précis, minutieux, où chaque millimètre compte. Un geste d’artisan, au service de la beauté.

Chaque journée à l’atelier est unique, mais toutes ont ce fil rouge : soin du détail, amour des matières, et envie de faire durer les belles choses. Un engagement pour un artisanat ancestral et poétique.
Mon moment préféré ? Celui où tout s’emboîte enfin. Les derniers collages donnent corps au dessin imaginé. Les matières dialoguent, les objets trouvent leur juste place, et l’histoire du commanditaire prend vie. À cet instant précis, le coffret cesse d’être un simple objet : il devient un fragment de vie à transmettre.



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